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Insulter son peuple devant le monde : une faute morale et patriotique

Koffi Olomide face à ses responsabilités envers la Nation congolaise

Par Éric Kamba
Géostratège et analyste politique

La République démocratique du Congo mène aujourd’hui un combat difficile mais essentiel : celui de la reconstruction de son image sur la scène internationale. Après des décennies marquées par les conflits, les crises politiques et une réputation souvent injustement réduite à la guerre et à l’instabilité, notre pays commence progressivement à retrouver une image plus positive.

Cette évolution est portée par les performances remarquables de nos Léopards, par le dynamisme de notre jeunesse, par le rayonnement de nos artistes et par les efforts diplomatiques entrepris pour repositionner la RDC comme un acteur majeur en Afrique.

C’est précisément dans ce contexte que les propos attribués à Koffi Olomide sur un plateau de télévision belge, selon lesquels les Congolais seraient des « voleurs » qui auraient « belélé la montre du Roi », suscitent une profonde indignation.

Même sous couvert d’une anecdote ou d’une plaisanterie, un ambassadeur de la culture ne peut se permettre de généraliser de manière aussi dégradante sur son propre peuple.

Une liberté d’expression qui connaît des limites

La liberté d’expression est un droit fondamental.

Mais elle ne saurait justifier les propos qui portent atteinte à la dignité d’un peuple tout entier.

Critiquer un gouvernement, dénoncer des dysfonctionnements ou évoquer certaines réalités sociales relève du débat démocratique.

En revanche, présenter les Congolais comme un peuple de voleurs devant un public international franchit une ligne rouge.

Il ne s’agit plus d’une opinion.

Il s’agit d’une atteinte à l’image de toute une Nation.

Les Léopards reconstruisent ce que certains détruisent

Depuis plusieurs semaines, les Léopards offrent au monde une image nouvelle de la RDC.

Par leur talent, leur discipline et leur patriotisme, ils rappellent que le Congo est un pays de résilience, de courage et d’excellence.

Le football est devenu un puissant instrument de diplomatie publique.

Chaque victoire, chaque match de haut niveau contribue à renforcer la réputation internationale de notre pays.

Alors que des milliers de Congolais travaillent quotidiennement pour améliorer cette image, il est regrettable qu’une personnalité bénéficiant d’une immense notoriété internationale choisisse, volontairement ou non, de diffuser un message qui alimente les stéréotypes les plus dévalorisants sur les Congolais.

Être ambassadeur de la culture est un honneur, mais aussi une responsabilité

Le titre d’ambassadeur culturel n’est pas une simple distinction honorifique.

Il implique des devoirs.

Celui qui représente la culture congolaise représente également son peuple.

Ses paroles dépassent sa personne.

Elles engagent l’image de la République.

Lorsqu’un artiste de renommée internationale prend la parole sur une grande chaîne étrangère, il devient, qu’il le veuille ou non, un porte-voix du Congo.

À ce titre, il lui appartient de défendre l’honneur de son pays, non de contribuer à sa dévalorisation.

Le moment d’une remise en question

Si les propos rapportés sont exacts et n’ont pas été sortis de leur contexte, ils appellent une réaction des autorités compétentes.

Au-delà d’éventuelles excuses publiques, une réflexion devrait être engagée sur le maintien du titre d’ambassadeur culturel accordé à une personnalité qui tient des propos susceptibles de porter atteinte à la dignité collective des Congolais.

Un tel titre implique une exemplarité.

Lorsque celle-ci fait défaut, il est légitime de s’interroger sur son maintien.

Le Congo mérite mieux

Le peuple congolais n’est pas un peuple de voleurs.

C’est un peuple travailleur, créatif, résilient et profondément attaché à son pays.

Partout dans le monde, des millions de Congolais contribuent au développement des sociétés qui les accueillent tout en faisant rayonner les valeurs de leur Nation.

Le moment est venu de défendre avec fermeté l’image de notre pays.

Le patriotisme ne consiste pas seulement à chanter le Congo lorsque tout va bien.

Il consiste aussi à mesurer le poids de chaque parole prononcée lorsque l’on représente la Nation.

La République démocratique du Congo mérite des ambassadeurs qui élèvent son image, non des personnalités dont les déclarations risquent de conforter les préjugés qu’elle s’efforce précisément de combattre.

Éric Kamba
Géostratège et analyste politique

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