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Congo : la condamnation de Joseph Kabila est un acte de salubrité nationale, non une option négociable par

Éric Kamba

Auteur, chercheur et analyste géostratégique

Voix engagée contre l’impunité, la prédation de l’État et la criminalisation

du pouvoir en République démocratique du Congo.

Il existe des décisions qui ferment définitivement la porte au mensonge, à la duplicité et à l’hypocrisie politique. La condamnation de Joseph Kabila par la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo appartient à cette catégorie rare : celle des décisions qui rétablissent la vérité contre l’imposture, la justice contre l’impunité, la dignité nationale contre la trahison.

Y revenir serait un reniement historique. La remettre en cause serait un suicide moral de l’État congolais. La négocier serait une capitulation.

Kabila n’est pas une victime politique, il est un accusé reconnu coupable

Il faut mettre fin à la falsification des rôles. Joseph Kabila n’est ni un opposant persécuté, ni un ancien chef d’État injustement ciblé, ni un acteur indispensable à la paix. Il est un homme condamné par une juridiction souveraine de son pays pour des faits d’une extrême gravité : trahison, participation à une entreprise insurrectionnelle et crimes de guerre.

Cette condamnation n’est pas symbolique. Elle n’est pas discutable. Elle est l’aboutissement logique d’un long cycle de prédation, de violence et de destruction de l’État congolais. Elle marque juridiquement ce que le peuple congolais sait politiquement depuis longtemps : Joseph Kabila est au cœur du malheur national.

L’usurpation originelle : un pouvoir bâti sur le mensonge

Le régime Kabila est né dans l’ambiguïté, s’est consolidé dans l’opacité et a survécu par la force. Usurpation de l’identité, confiscation de la souveraineté populaire, neutralisation des institutions, instrumentalisation de l’armée et des services : tout, dans ce système, reposait sur le mensonge et la peur.

Pendant des années, le Congo n’a pas été gouverné ; il a été occupé de l’intérieur. Occupé par un pouvoir qui a traité l’État comme une propriété privée, les ressources comme un butin, et la population comme une variable négligeable.

Le pillage et la guerre comme méthode de gouvernement

Sous Joseph Kabila, le pillage n’était pas une dérive : c’était une méthode. Les ressources stratégiques du pays ont été livrées à des réseaux opaques, souvent transnationaux, avec la complicité active de forces étrangères, notamment le Rwanda, au détriment flagrant de la souveraineté congolaise.

La guerre, loin d’être combattue, a été entretenue, instrumentalisée, parfois sous-traitée. Des millions de morts, des femmes violées, des territoires abandonnés, une armée infiltrée, un État vidé de sa substance : voilà le bilan réel, concret, humain du système Kabila.

La rébellion comme levier de chantage politique

Aujourd’hui, l’histoire se répète sous une forme encore plus obscène. L’homme condamné cherche à redevenir indispensable en alimentant l’instabilité. Il active ou manipule des foyers de rébellion, puis réclame un « dialogue » pour monnayer sa reddition judiciaire contre une grâce politique.

C’est une stratégie mafieuse, pas une démarche politique. Créer le désordre pour négocier son impunité est une insulte à l’intelligence collective et une provocation envers les victimes.

Le Congo ne dialogue pas avec ceux qui l’incendient. Il les juge.

Le mythe toxique du dialogue pour la paix

Invoquer la paix pour réhabiliter un criminel condamné est une imposture morale. Il n’existe aucune paix durable bâtie sur l’oubli forcé des crimes, sur l’humiliation des victimes ou sur la glorification des bourreaux.

Inviter Joseph Kabila à une table de négociation, c’est enseigner à toute une génération que :
   •   la violence est une monnaie politique efficace,
   •   la trahison est temporaire,
   •   la justice est réversible sous pression.

C’est légaliser l’anarchie morale.

La CPI, seule issue digne pour l’État congolais

La suite logique, responsable et cohérente, n’est ni la grâce ni l’arrangement politique. C’est la transmission du dossier à la Cour pénale internationale. Non par faiblesse, mais par grandeur institutionnelle.

La CPI permettrait de juger les crimes dans toute leur ampleur, d’inscrire la vérité dans le droit international et de rendre justice aux millions de Congolais sacrifiés sur l’autel de l’impunité.

Le Congo n’est pas une monnaie d’échange

Revenir sur cette condamnation ferait de la RDC la risée du monde, un État incapable d’assumer ses propres décisions judiciaires, un pays où le crime organisé peut espérer une seconde chance politique.

Joseph Kabila a été condamné.
Il n’y a rien à négocier.
Rien à réviser.
Rien à pardonner sans justice.

Il n’est ni arbitre, ni faiseur de paix, ni acteur incontournable.
Il est un justiciable reconnu coupable.

Le Congo n’est pas à vendre.
La justice n’est pas négociable.
L’impunité doit mourir pour que la nation vive.

Éric Kamba
Auteur, chercheur et analyste géostratégique
Voix engagée contre l’impunité, la prédation de l’État et la criminalisation du pouvoir en République démocratique du Congo
Auteur de La Grande Usurpation et de Le Pouvoir caché de la diplomatie informelle : quand l’État ne suffit plus

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