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Quand l’inaction ministérielle coûte cher :

Le silence du Ministre de la Communication face à un ouvrage stratégique pour le Congo

Par Éric Kamba – Analyste politique, Géostratège et Auteur

La gouvernance moderne exige des dirigeants qu’ils soient ouverts, réactifs, connectés aux idées nouvelles et capables de promouvoir les savoirs qui peuvent transformer un pays.
Malheureusement, ce n’est pas ce que révèle l’attitude du Ministre de la Communication, resté totalement silencieux malgré l’envoi d’un ouvrage stratégique, Le Modèle Dubaï : Une stratégie de reconstruction pour un Congo moderne, et malgré les relances respectueuses qui lui ont été adressées.

Ce silence n’est pas anecdotique.
Il interroge profondément la capacité de certains responsables publics à servir l’État, à saisir les opportunités internationales, et à tirer parti des expertises disponibles pour guider la nation.

  1. Une attitude ministérielle qui interroge : pourquoi ignorer un ouvrage stratégique ?

Le Ministre de la Communication a été saisi officiellement, respectueusement, pour recevoir un exemplaire d’un travail de recherche entièrement dédié à la modernisation du pays.
Non seulement le livre n’a pas été réceptionné, mais aucune suite n’a été donnée à la correspondance envoyée.

Dans un État responsable, un ministre de la Communication :
   •   ne traîne pas les pieds face à un ouvrage dédié à la reconstruction nationale ;
   •   ne laisse pas un dossier de cette importance sans réponse ;
   •   n’ignore pas les contributions intellectuelles émanant de chercheurs et d’experts congolais.

Car son rôle n’est pas seulement d’informer :
il est de promouvoir la vision nationale, de valoriser les initiatives stratégiques, et de soutenir tout ce qui peut éclairer l’action gouvernementale.

L’inaction observée pose donc une question légitime :
Peut-on gérer la chose publique de cette manière ?
Peut-on ignorer le savoir qui aurait pu renforcer la position de la RDC dans la coopération internationale ?

  1. Une occasion manquée lors des MOU signés avec le Qatar

L’hierité du partenariat Qatar–RDC a révélé un manque flagrant d’orientation stratégique.
Si le Ministre avait pris le temps de recevoir, ne serait-ce qu’un instant, l’ouvrage proposé, il aurait pu :
   •   conseiller le gouvernement sur les secteurs prioritaires ;
   •   orienter les discussions vers les infrastructures, l’économie, l’urbanisation et les investissements productifs ;
   •   permettre à la RDC d’entrer dans ces négociations avec une pensée structurée, documentée, argumentée.

Les MOU signés se limitent à des secteurs périphériques, alors que le Qatar dispose de l’expertise, des fonds souverains et des capacités d’investissement pour :
   •   construire des infrastructures stratégiques ;
   •   développer des zones économiques spéciales ;
   •   soutenir l’industrialisation ;
   •   moderniser les villes ;
   •   transformer l’économie congolaise.

Votre ouvrage offrait justement les fondations intellectuelles et les propositions concrètes pouvant orienter cette coopération.

Ne pas le recevoir, ne pas l’examiner, ne pas en tenir compte :
c’est priver la nation d’un outil précieux.

  1. Le rôle que le Ministre de la Communication aurait dû jouer

En recevant l’ouvrage, le Ministre aurait pu activer plusieurs leviers essentiels :

● 1. La valorisation institutionnelle
   •   Présenter le livre comme une référence stratégique nationale.
   •   Organiser une conférence de presse autour de ses recommandations.
   •   Stimuler le débat public sur la modernisation du Congo.

● 2. La coordination gouvernementale
   •   Soumettre l’ouvrage au Conseil des ministres.
   •   Inciter les ministres concernés (Commerce, Finances, Budget, Portefeuille, Industrie) à s’en inspirer.

● 3. La vulgarisation et la pédagogie nationale
   •   Lancer des campagnes autour des concepts clés : ZEP, modernisation des infrastructures, gouvernance efficace.
   •   Produire des capsules éducatives, des émissions thématiques, des brochures explicatives.

● 4. La diplomatie d’influence internationale
   •   Promouvoir l’ouvrage dans les forums internationaux.
   •   Le présenter comme une démonstration que la RDC dispose de visions endogènes, non imposées de l’extérieur.
   •   S’en servir pour renforcer la crédibilité de la RDC face aux partenaires financiers, dont le Qatar.

  1. Le Congo a besoin de ministres qui lisent, qui s’informent, qui s’ouvrent

Le développement d’un pays ne repose pas seulement sur les moyens financiers, mais sur la qualité du leadership.
Un ministre qui refuse de recevoir un ouvrage stratégique, qui ne répond pas à un courrier formel, qui n’encourage pas la circulation des idées nouvelles… est un ministre qui freine la transformation nationale.

Les pays qui progressent sont ceux dont les dirigeants :
   •   lisent,
   •   s’informent,
   •   s’entourent d’experts,
   •   valorisent la recherche nationale,
   •   et s’ouvrent aux innovations intellectuelles.

La RDC ne peut plus avancer avec des responsables qui fonctionnent en mode défensif, refermés sur eux-mêmes, réticents à toute contribution externe.

Conclusion : Le Congo mérite un leadership ouvert et visionnaire

Le silence du Ministre de la Communication n’est pas qu’un simple manque d’attention :
il symbolise un style de gouvernance où l’on préfère préserver le statu quo plutôt que d’embrasser la modernité et l’innovation.

Et pourtant, face aux défis majeurs de notre temps, la RDC a plus que jamais besoin :
   •   d’ouverture,
   •   d’écoute,
   •   de rigueur,
   •   de courage,
   •   et de vision.

Le Modèle Dubaï n’est pas un livre de plus :
c’est une proposition structurée pour bâtir un Congo moderne.
Il méritait d’être reçu, étudié, diffusé et discuté au plus haut niveau.

L’histoire jugera ceux qui auront eu le courage d’écouter — et ceux qui auront préféré ignorer.

ÉRIC KAMBA

Auteur – Chercheur en développement et gouvernance
Analyste Politique & Géostratège
Auteur de :

  • Le Modèle Dubaï : Une stratégie de reconstruction pour un Congo moderne
  • À la chinoise : Leçons du développement pour la RDC
  • Vers un modèle africain de développement

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