Le sommet USA/AFRIQUE est à situer dans le nouveau contexte géostratégique mondial, dans un monde qui, au lendemain de la fin de la guerre froide,est devenu multipolaire avec des tensions à plusieurs niveaux interdépendants. Des tensions à la fois militaire politique et socio-économique. Chaque pays du monde qui veut s’affirmer comme puissancemondiale se doit donc d’avoir des pays sous son influence. Et l’Afrique représente un parfait terrainen ce que sa situation économique la rend vulnérable, dépendante de l’aide extérieure, et que la croissancedes pays qui la constituent et leurs potentialités font de ceux-ci des terres d’espoir.
Afin donc de contrecarrer l’influence russe et chinoise en Afrique, les USA ont opté, d’une part,pour une présence plus accrue sur le continent et, d’autre part, pour une aide plus consistante et plus formelle. C’est ainsi qu’en marge du Sommet USA-AFRIQUE, des montants d’aides consenties ont été avancés. Mais plusieurs questions importent d’être posées : à combien s’élèvent réellement les montants de ces aides ?, ces aides sont octroyées sous quelle forme et pour quels secteurs ?, est-ce que tous les pays africains ayant pris part au Sommet en sont éligibles ?, qu’est-ce que la République Démocratique du Congo en tire concrètement ?
Pour répondre à ces questions, il faudrait consulter les conclusions du Sommet et analyser la situation politique et économique de la RépubliqueDémocratique du Congo.
En marge du sommet USA-AFRIQUE, la RDC et la Zambie ont signé, mardi 13 décembre à Washington, un protocole d’accord pour le développement de la chaîne de valeur des batteries de véhicules électriques. L’initiative intervient grâce à l’aide américaine visant la sécurisation des minéraux stratégiques produits par les deux pays. Au total, c’est près de 15 milliards de dollars (14 milliards d’euros) de contrats et d’engagements entre entreprises privées qui ont été conclus. Par-delà, la République Démocratique du Congo, à l’instard’autres pays africains, bénéficiera toujours, en marge du Sommet, du programme portant électrification des hôpitaux en milieu rural.
A ce stade donc, il est clair qu’aucune somme n’a été allouée spécifiquement à la République Démocratique du Congo. Car, les 55 milliards de dollars, qui s’étalent sur trois ans, sont des fonds qui serviront à financer les projets que chaque pays présentera dans le domaine de la sécurité, de la santé et des énergies renouvelables. La validation de ces projets étant assortie d’une batterie de conditions, la question à se poser est celle de savoir si la République Démocratique du Congo sera à même de les satisfaire.
Néanmoins, la condamnation unanime du Rwanda peut être perçue comme une retombée de la participation congolaise au sommet USA-AFRIQUE tenu du 13 au 15 décembre 2022.
Eric Kamba, CADA